Une version plus simple et abordable de l'ortographe corrigée

L'orthographe corrigée est, à mon sens, un beau projet. Il est une véritable démarche pour revoir cette orthographe si volontairement complexe. C'est la destination à atteindre. Mais c'est aussi une destination difficile. Il est évident que, pour beaucoup, cette orthographe corrigée ne sera vue que comme une orthographe cousue de faute. La sacralité de la bonne graphie rend difficile toute modification. Si vous essayez d'adopter cette orthographe corrigée, il est fort à parier qu'on vous jugera non sur le fond de ce que vous écrirez mais simplement sur la forme. Et une forme considérée comme pleine de fautes, dont le fond devient sans importance. C'est bien dommage, mais c'est ainsi.

Est-ce à dire que ce projet d'orthographe corrigée est sans avenir ? Je ne le pense pas. Je suis convaincu qu'elle peut connaître un destin heureux. Mais comment ? Comment faire comprendre que ces fautes n'en sont pas mais sont bien plutôt des modifications graphiques volontaires ? Comment ne pas choquer mais plutôt faire accepter ?

Une réponse que j'entrevois (peut-être pas la seule) est de recourir à cette orthographe corrigée chaque fois que le risque du jugement ne pèsera (ou qu'il pourra être déminé). Le cercle familial et amical est certainement le meilleur endroit pour cela. Mais, soyons franc, la sacralité de l'orthographe est si tenace, si bien implantée, que même dans ces cercles, il vous sera compliqué de l'adopter.


Aussi, en faut-il passer par une version plus simple et plus abordable de cette orthographe corrigée. Parmi les 17 corrections proposées, je vous propose de retenir seulement les suivantes :

  • Correction n°2 : les accents servant à distinguer graphiquement des mots sont supprimés.
  • Correction n°3 : l’accent circonflexe est supprimé excepté pour accentuer une prononciation.
  • Correction n°4 : le tréma est utilisé uniquement et chaque fois que la prononciation d’une voyelle est faite à la place de celle d'un digramme.
  • Correction n°5 : les voyelles muettes à l'intérieur d'un mot sont supprimées.
  • Correction n°7 : les consonnes finales sont en cohérence avec les mots manifestement de la même famille, excepté pour les conjonctions de coordination et les prépositions.
  • Correction n°8 : les consonnes sans effet sonore à l'intérieur d'un mot sont supprimées.
  • Correction n°9 : le {ch} se prononçant /k/ est remplacé par un {k}.
  • Correction n°11 : les voyelles et consonnes sont écrites en cohérence avec leur prononciation habituelle excepté pour une cohérence avec un radical.

Ces corrections méritent cependant quelques règles supplémentaires : 

  • Correction simplifiée n°A : le pluriel ne se fait qu'en ajoutant un {s} (et jamais un {x}).
  • Correction simplifiée n°B : le {ée} final est remplacé par {é} sauf pour un accord en genre.
  • Correction simplifiée n°C : certains nombres sont tout de même corrigés : "deux"/"deus", "six"/"sis", "sept"/"sète", "dix"/"dis" et "vingt"/"vint".
  • Correction simplifiée n°D : la conjugaison des verbes n'est pas corrigée.


En reprenant les textes vus précédemment, voici ce que cela donnerait :

Orthographe non corrigée

Ortographe corigée simplifiée

L’automne débute fin septembre. Durant cette saison, les feuilles des arbres tombent et couvrent le sol d’un tapis brun, rouge et jaune. Le temps devient de plus en plus frais, il commence à y avoir de la pluie et du vent. C’est le moment de sortir son manteau et son parapluie ! L’automne est aussi la saison des récoltes : on ramasse le maïs, le tournesol, les pommes, le raisin…

Vient ensuite l’hiver, la saison la plus froide qui commence fin décembre. Le paysage devient tout blanc à cause de la neige et de la glace. Cette période marque l’arrivée de Noël et des fêtes de fin d’année.

Avec le printemps, qui commence en mars, le soleil est de retour et le temps se réchauffe. La nature redevient verte : l’herbe et les fleurs poussent à nouveau. Il est agréable de se promener pour observer les papillons, les abeilles et écouter le chant des oiseaux.

Enfin, l’été arrive à la fin du mois de juin. C’est la saison la plus chaude, pendant laquelle on recommence à mettre ses lunettes de soleil et à aller se promener sur la plage. C’est aussi le moment idéal pour profiter de l’eau et aller nager à la mer ou à la piscine.

L’autone débute fin septembre. Durant cète saison, les feuilles des arbres tombent et couvrent le sol d’un tapis brun, rouge et jaune. Le temp devient de plus en plus fraic, il comence a y avoir de la pluie et du vent. C’est le moment de sortir son manteau et son parapluie ! L’autone est aussi la saison des récoltes : on ramasse le maïs, le tournessol, les pomes, le raisin…

Vient ensuite l’hiver, la saison la plus froide qui comence fin décembre. Le paysage devient tout blanc a cause de la neige et de la glace. Cète période marque l’arivé de Noèl et des fètes de fin d’ané.

Avec le printan, qui comence en mars, le soleil est de retour et le temp se réchaufe. La nature redevient verte : l’herbe et les fleurs poussent a nouveau. Il est agréable de se promener pour observer les papillons, les abeilles et écouter le chant des oiseaus.

Enfin, l’été arive a la fin du moi de juin. C’est la saison la plus chaude, pendant laquèle on recomence a mètre ses lunètes de soleil et a aler se promener sur la plage. C’est aussi le moment idéal pour profiter de l’eau et aler nager a la mer ou a la pissine.



Un autre exemple de texte en orthographe corrigée, plus connu...

Orthographe non corrigée

Ortographe corigée sipplifiée

Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.

Comme il portait beau, par nature et par pose d’ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d’un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme des coups d’épervier.

Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d’un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d’une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.

Lorsqu’il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu’il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. Il réfléchit que les repas du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vingt centimes de boni, ce qui représentait encore deux collations au pain et au saucisson, plus deux bocks sur le boulevard. C’était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits ; et il se mit à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette.

Il marchait ainsi qu’au temps où il portait l’uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s’il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l’oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l’air de toujours défier quelqu’un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.

Quoique habillé d’un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d’un blond châtain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d’une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.

Quand la caissière lui eut rendu la monaie de pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restauran.

Comme il portait beau, par nature et par pose d’ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d’un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs atardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme des cous d’épervier.

Les femmes avaient levé la tète vers lui, trois petites ouvrières, une maitresse de musique entre deus âges, mal peignée, négligée, coiffée d’un chapeau toujour poussiéreus et vètue toujour d’une robe de travers, et deus bourgeoises avec leurs maris, habituées de cète gargote a prix fixe.

Lorsqu’il fut sur le trotoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu’il alait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deus dîners sans déjeuners, ou deus déjeuners sans dîners, au chois. Il réfléchit que les repas du matin étant de vint-deus sous, au lieu de trente que coûtaient ceus du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vint centimes de boni, ce qui représentait encore deus colations au pain et au saucisson, plus deus bocks sur le boulevar. C’était la sa grande dépense et son grand plaisir des nuits ; et il se mit a descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette.

Il marchait ainsi qu’au temp où il portait l’uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s’il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l’oreille son chapeau a haute forme assez défraichi, et batait le pavé de son talon. Il avait l’air de toujour défier quelqu’un, les passants, les maisons, la vile entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.

Quoique habillé d’un complet de soissante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réèle cependant. Grand, bien fait, blond, d’un blond chatain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeus bleus, clairs, troués d’une pupille toute petite, des cheveus frisés naturèlement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.


Certains verront dans cette orthographe corrigée simplifiée une version au rabais. Pourquoi s'arrêter à mi-parcours quand on peut aller plus loin ? Parce que la réalité mérite bien quelques concessions. Parce que l'orthographe corrigée elle-même n'est pas autre chose qu'une étape. Rien d'étonnant donc à ce que des étapes la précèdent. Essayons donc d'adopter cette nouvelle orthographe chaque fois qu'on le peut, chaque fois que nos propos ne risquent pas d'en pâtir. Ce sera déjà un magnifique premier pas.

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